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Vanity Fea

Literatura y crítica

La crítica autobiográfica

Acabo de localizar la publicación en Project Gutenberg (2006) de uno de mis textos críticos favoritos, el prólogo-dedicatoria a
La Vie littéraire (primera serie, 1888 ) de Anatole Fance. Y de La Vie littéraire completa, de hecho. Me gusta especialmente el fragmento donde expone la subjetividad irremediable de todo lo que vemos o decimos, en la literatura o en la vida. Toda literatura, y toda crítica, es una autobiografía oculta para quien la sabe leer, pues es la expresión y síntoma de la mente que narra o que juzga.

Aquí va el original francés del prólogo, y sigue la traducción.


ANATOLE FRANCE, LA VIE LITTÉRAIRE, PREMIÈRE SÉRIE
(PARIS: CALMANN-LÉVY, 1888)

À MONSIEUR ADRIEN HÉBRARD, SÉNATEUR, DIRECTEUR DU TEMPS

Cher monsieur,

Permettez-moi de vous offrir ce petit livre; je vous le dois bien, car
assurément il n'existerait pas sans vous. Je ne songeais guère à faire
de la critique dans un journal quand vous m'avez appelé au _Temps_. J'ai
été étonné de votre choix et j'en demeure encore surpris. Comment un
esprit alerte, agissant, répandu comme le vôtre, en communion constante
avec tout et avec tous, si fort en possession de la vie et toujours jeté
au milieu des choses, a-t-il pu prendre en gré une pensée recueillie,
lente et solitaire comme la mienne?

Mais rien ne vous est étranger, pas même la méditation. Ceux qui vous
connaissent intimement assurent qu'il y a en vous du rêveur. Ils ne se
trompent pas. Seulement Vous rêvez très vite. En toutes choses vous
possédez au plus haut degré le génie de la promptitude. La facilité avec
laquelle vous pensez est prodigieuse. Vous comprenez tout à la fois.
Votre conversation, rapide et brillante comme la lumière, m'éblouit
toujours. Pourtant elle est toujours raisonnable. Éblouir avec la
raison, cela n'a été donné qu'à vous. Quel écrivain vous feriez, si vous
aviez moins d'idées! Une magicienne russe, qui a longtemps vécu dans
l'Inde, parle dans ses écrits d'un procédé qu'emploient les sages indous
pour communiquer leur pensée aux profanes. À mesure qu'elle se forme en
eux-mêmes, ils la précipitent dans le cerveau d'un saint homme qui
l'écrit à loisir. Voilà un procédé qui vous conviendrait! Quel dommage
que notre barbare Occident ignore encore la «précipitation» de la
pensée! Mais je vous connais: si un saint homme se mettait à rédiger vos
idées précipitées, vous iriez tout de suite le prier de n'en rien faire.
Vous aimez à rester inédit. Homme public, vous avez horreur de paraître:
c'est une de vos originalités, et non pas la moins charmante.

Je crois que vous avez un talisman. Vous faites ce que vous voulez. Vous
avez fait de moi un écrivain périodique et régulier. Vous avez triomphé
de ma paresse. Vous avez utilisé mes songeries et monnayé mon esprit.
C'est pourquoi je vous tiens pour un incomparable économiste. M'avoir
rendu productif, je vous assure que c'est merveilleux. Mon excellent ami
Calmann Lévy lui-même n'avait pas réussi à me faire écrire un seul livre
depuis six ans.

Vous avez un très bon caractère et vous êtes très facile à vivre. Vous
ne me faites jamais de reproches. Je n'en tire pas vanité. Vous avez
compris tout de suite que je n'étais pas bon à grand'chose et qu'il
valait mieux ne pas me tourmenter. Sans me flatter, c'est la principale
cause de la liberté que vous me laissez dans votre journal. Vous me
savez incorrigible et vous désespérez de m'amender. Un jour, n'avez-vous
pas dit de moi à un de nos amis communs:

--C'est un bénédictin narquois.

On se connaît mal soi-même, mais je crois que la définition est bonne.
Je me fais assez l'effet d'un moine philosophe. J'appartiens de coeur à
une abbaye de Thélème, dont la règle est douce et l'obédience facile.
Peut-être n'y a-t-on pas beaucoup de foi, mais assurément on y est très
pieux.

L'indulgence, la tolérance, le respect de soi et des autres sont des
saints qu'on y chôme toujours. Si l'on y incline au doute, il faut
considérer que le pyrrhonisme ne va pas sans un profond attachement à la
coutume et à l'usage. Or, la coutume du plus grand nombre, c'est
proprement la morale. Il n'y a qu'un sceptique pour être toujours moral
et bon citoyen. Un sceptique ne se révolte jamais contre les lois, car
il n'a pas espéré qu'on pût en faire de bonnes. Il sait qu'il faut
beaucoup pardonner à la République. Pourtant voulez-vous un conseil? Ne
confiez jamais le bulletin politique du Temps à un de nos thélémites.
Il y répandrait une mélancolie douce qui découragerait vos honnêtes
lecteurs. Ce n'est pas avec la philosophie qu'on soutient les
ministères. Quant à moi, je garde une modestie qui me sied, et je m'en
tiens à la critique.

Telle que je l'entends et que vous me la laissez faire, la critique est,
comme la philosophie et l'histoire, une espèce de roman à l'usage des
esprits avisés et curieux, et tout roman, à le bien prendre, est une
autobiographie. Le bon critique est celui qui raconte les aventures de
son âme au milieu des chefs-d'oeuvre.

Il n'y a pas plus de critique objective qu'il n'y a d'art objectif, et
tous ceux qui se flattent de mettre autre chose qu'eux-mêmes dans leur
oeuvre sont dupes de la plus fallacieuse illusion. La vérité est qu'on ne
sort jamais de soi-même. C'est une de nos plus grandes misères. Que ne
donnerions-nous pas pour voir pendant une minute, le ciel et la terre
avec l'oeil à facettes d'une mouche, ou pour comprendre la nature avec le
cerveau rude et simple d'un orang-outang? Mais cela nous est bien
défendu. Nous ne pouvons pas, ainsi que Tirésias, être homme et nous
souvenir d'avoir été femme. Nous sommes enfermés dans notre personne
comme dans une prison perpétuelle. Ce que nous avons de mieux à faire,
ce me semble, c'est de reconnaître de bonne grâce cette affreuse
condition et d'avouer que nous parlons de nous-mêmes chaque fois que
nous n'avons pas la force de nous taire.

Pour être franc, le critique devrait dire:

--Messieurs, je vais parler de moi à propos de Shakespeare, à propos de
Racine, ou de Pascal, ou de Goethe. C'est une assez belle occasion.

J'ai eu l'honneur de connaître M. Cuvillier-Fleury, qui était un vieux
critique fort convaincu. Un jour, que je l'allai voir dans sa petite
maison de l'avenue Raphaël, il me montra la modeste bibliothèque dont il
était fier:

--Monsieur, me dit-il, éloquence, belles-lettres, philosophie, histoire,
tous les genres y sont représentés, sans compter la critique qui
embrasse tous les autres genres. Oui, monsieur, le critique est tour à
tour orateur, philosophe, historien.

M. Cuvillier-Fleury avait raison. Le critique est tout cela, ou du moins
il peut l'être. Il a l'occasion de montrer les facultés intellectuelles
les plus rares, les plus diverses, les plus variées. Et quand il est un
Sainte-Beuve, un Taine, un J.-J. Weiss, un Jules Lemaître, un Ferdinand
Brunetière, il n'y manque pas. Sans sortir de lui-même, il fait
l'histoire intellectuelle de l'homme. La critique est la dernière en
date de toutes les formes littéraires; elle finira peut-être par les
absorber toutes. Elle convient admirablement à une société très
civilisée dont les souvenirs sont riches et les traditions déjà longues.
Elle est particulièrement appropriée à une humanité curieuse, savante et
polie. Pour prospérer, elle suppose plus de culture que n'en demandent
toutes les autres formes littéraires. Elle eut pour créateurs Montaigne,
Saint-Évremond, Bayle et Montesquieu. Elle procède à la fois de la
philosophie et de l'histoire. Il lui a fallu, pour se développer, une
époque d'absolue liberté intellectuelle. Elle remplace la théologie, et,
si l'on cherche le docteur universel, le saint Thomas d'Aquin du XIXe
siècle, n'est-ce pas à Sainte-Beuve qu'il faut songer?

C'était un saint homme de critique, je vénère sa mémoire. Mais, à vous
parler franchement, cher monsieur Hébrard, je crois qu'il est plus sage
de planter des choux que de faire des livres.

Il est des âmes livresques pour qui l'univers n'est qu'encre et que
papier. Celui dont une telle âme anime le corps apaisé passe sa vie
devant sa table de travail, sans souci des réalités dont il étudie
obstinément la représentation graphique. Il ne sait de la beauté des
femmes que ce qui en est écrit. Il ne connaît des travaux, des
souffrances et des espérances des hommes que ce qui peut en être cousu
sur nerfs et relié en maroquin. Il est monstrueux et innocent. Il n'a
jamais mis le nez à la fenêtre. Tel était le bonhomme Peignot, qui
recueillait les opinions des auteurs pour en faire des livres. Rien ne
l'avait jamais troublé. Il concevait les passions comme des sujets de
monographies curieuses et savait que les nations périssent en un certain
nombre de pages in-octavo. Jusqu'au jour de sa mort, il travailla d'une
ardeur égale, sans jamais rien comprendre. C'est pourquoi le travail ne
lui fut point amer. Il faut l'envier, si l'on ne peut qu'à ce prix
trouver la paix du coeur.

Bénissons les livres, si la vie peut couler au milieu d'eux en une
longue et douce enfance! Gustave Doré, qui imprimait quelquefois à ses
dessins les plus comiques je ne sais quel sentiment de fantaisie
profonde et de poésie bizarre, a donné un jour, sans trop le savoir,
l'emblème ironique et touchant de ces existences que le culte des livres
console de toutes les réalités douloureuses. Dans le moine Nestor, qui
écrivit une chronique en des temps barbares et troublés, il a symbolisé
toute la race des bibliomanes et des bibliographes. Son dessin n'est pas
plus grand que le creux de la main, mais qui l'a vu une fois ne peut
plus l'oublier. Vous le trouverez dans une suite de caricatures qu'il
publia lors de la guerre de Crimée, sous ce titre: _la Sainte Russie_,
et qui n'est pas, je dois le dire, la plus heureuse inspiration de son
talent et de son patriotisme.

Il faut voir ce Nestor. Il est dans sa cellule avec ses livres et ses
papiers. Assis comme un homme qui aime à s'asseoir, la tête enfoncée
dans son capuchon, le nez sur sa table, il écrit. Tout le pays alentour
est livré au massacre et à l'incendie. Les flèches obscurcissent l'air.
Le couvent même de Nestor est si furieusement assailli que des pans de
mur s'écroulent de toutes parts. Le bon moine écrit. Sa cellule,
épargnée par miracle, reste accrochée à un pignon comme une cage à une
fenêtre. Des archers s'entassent sur ce qui reste des toits, marchent
comme des mouches le long des murs et tombent comme la grêle sur le sol
hérissé de lances et d'épées. On se bat jusque dans sa cheminée; il
écrit. Une commotion terrible renverse son encrier; il écrit encore.
Voilà ce que c'est que de vivre dans les bouquins! Voilà le pouvoir des
paperasses!

Les bibliothèques abritent encore aujourd'hui quelques sages semblables
au moine Nestor. Ils y viennent accomplir le travail de patience qui
remplit leur vie et qui comble leur âme; ils ne manquent pas une séance,
même dans les jours de troubles et de révolution.

Ils sont heureux. N'en parlons plus. Mais j'en connais plusieurs, d'un
esprit fort différent. Ceux-ci cherchent dans les livres toutes sortes
de beaux secrets sur les hommes et les choses. Ils cherchent toujours et
leur esprit ne demeure jamais en repos. Si les livres apportent la paix
aux pacifiques, ils troublent les âmes inquiètes. Je sais, pour ma part,
beaucoup d'âmes inquiètes. Elles ont tort de se plonger dans trop de
lecture. Voyez, par exemple, ce qu'il advint à don Quichotte pour avoir
dévoré les quatre volumes d'_Amadis de Gaule_ et une douzaine d'autres
beaux romans. Ayant lu des récits enchanteurs, il crut aux
enchantements. Il crut que la vie était aussi belle que les contes, et
il fit mille folies qu'il n'aurait point faites, s'il n'avait pas eu
l'esprit de lire.

Un livre est, selon Littré, la réunion de plusieurs cahiers de pages
manuscrites ou imprimées. Cette définition ne me contente pas. Je
définirais le livre une oeuvre de sorcellerie d'où s'échappent toutes
sortes d'images qui troublent les esprits et changent les coeurs. Je
dirai mieux encore: le livre est un petit appareil magique qui nous
transporte au milieu des images du passé ou parmi des ombres
surnaturelles. Ceux qui lisent beaucoup de livres sont comme des
mangeurs de haschisch. Ils vivent dans un rêve. Le poison subtil qui
pénètre leur cerveau les rend insensibles au monde réel et les jette en
proie à des fantômes terribles ou charmants. Le livre est l'opium de
l'Occident. Il nous dévore. Un jour viendra où nous serons tous
bibliothécaires, et ce sera fini.

Aimons les livres comme l'amoureuse du poète aimait son mal. Aimons-les;
ils nous coûtent assez cher. Aimons-les; nous en mourons. Oui, les
livres nous tuent. Croyez-m'en, moi qui les adorai, moi qui me donnai
longtemps à eux sans réserve. Les livres nous tuent. Nous en avons trop
et de trop de sortes. Les hommes ont vécu de longs âges sans rien lire,
et c'est précisément le temps où ils firent les plus grandes choses et
les plus utiles, car c'est le temps où ils passèrent de la barbarie à la
civilisation. Pour être sans livres, ils n'étaient pas alors tout à fait
dénués de poésie et de morale; ils savaient par coeur des chansons et de
petits catéchismes. Dans leur enfance les vieilles femmes leur contaient
_Peau-d'Âne_ et le _Chat botté_, dont on a fait beaucoup plus tard des
éditions pour les bibliophiles. Les premiers livres furent de grosses
pierres, couvertes d'inscriptions en style administratif et religieux.

Il y a longtemps de cela. Quels effroyables progrès nous avons accompli
depuis lors! Les livres se sont multipliés d'une façon merveilleuse au
XVIe siècle et au XVIIIe. Aujourd'hui la production en est centuplée.
Voici qu'on publie, seulement à Paris, cinquante volumes par jour; sans
compter les journaux. C'est une orgie monstrueuse. Nous en sortirons
fous. La destinée de l'homme est de tomber successivement dans des excès
contraires. Au moyen âge, l'ignorance enfantait la peur. Il régnait
alors des maladies mentales que nous ne connaissons plus. Maintenant,
nous courons, par l'étude, à la paralysie générale. N'y aurait-il pas
plus de sagesse et d'élégance à garder la mesure?

Soyons des bibliophiles et lisons nos livres; mais ne les prenons point
de toutes mains; soyons délicat, choisissons, et, comme ce seigneur
d'une des comédies de Shakespeare, disons à notre libraire: «Je veux
qu'ils soient bien reliés et qu'ils parlent d'amour.»

Je ne me flatte pas que ce petit livre ait rien d'amoureux ni qu'il
mérite une belle reliure. Mais on y trouvera, vous le savez, cher
monsieur, une parfaite sincérité (le mensonge veut un talent que je n'ai
pas), beaucoup d'indulgence et quelque naturelle amitié pour le beau et
le bien.

C'est pourquoi j'ose vous l'offrir, cher monsieur, comme un trop faible
témoignage de gratitude, d'estime et de sympathie.

A.F.


Anatole France, La vida literaria, primera serie (París: Calmann-Lévy, 1888). [Prólogo-dedicatoria:]

Al Sr. Adrien Hébrard, Senador, director de Le Temps.

Estimado Sr.:

Permítame ofrecerle este librito; bien se lo debo, porque con toda seguridad, sin Vd., no existiría. En absoluto pensaba yo en hacer crítica en un periódico cuando me llamó Vd. a Le Temps. Me extrañó su elección, y aún me dura la sorpresa. ¿Cómo es que un espíritu alerta, activo, diverso como el de Vd., en comunión constante con todo y con todos, tan fuerte y vital, y siempre lanzado en medio de las cosas, ha podido apreciar un pensamiento recogido, lento y solitario como el mío?

Pero a Vd. nada le es ajeno, ni siquiera la meditación. Quienes le conocen en la intimidad aseguran que tiene Vd. algo de soñador. No se equivocan. Sólo que Vd. sueña muy deprisa. En todas las cosas posee usted en su grado más alto el genio de la prontitud. La facilidad con la que piensa Vd. es prodigiosa. Entiende Vd. todo de golpe. Su conversación, rápida y brillante como la luz, siempre me deslumbra. Y sin embargo siempre es razonable. Deslumbrar con la razón, eso es un don que sólo tiene Vd. ¡Qué escritor sería, si tuviese Vd. menos ideas! Una maga rusa, que vivió mucho tiempo en la India, habla en sus escritos de un procedimiento que emplean los sabios hindúes para comunicar su pensamiento a los profanos. A medida que se va formando en ellos mismos, lo precipitan en el cerebro de un santón que lo escribe a su gusto. Este procedimiento le convendría a Vd. Lástima que nuestro bárbaro Occidente ignore todavía la "precipitación" del pensamiento. Pero le conozco a Vd. Si un santón se pusiese a redactar las ideas precipitadas por Vd., iría Vd. enseguida a rogarle que no hiciese nada con ellas. Le gusta a Vd. permanecer inédito. Siendo hombre público, le horroriza parecerlo. Es una de las originalidades de Vd., y no la menos encantadora.

Creo que tiene Vd. un talismán. Hace Vd. lo que quiere. De mi ha hecho un escritor periódico y regular. Ha triunfado sobre mi pereza. Ha utilizado Vd. mis ensoñaciones y ha hecho acuñar mi espíritu. Por eso le tengo a Vd. por un economista incomparable. Haberme vuelto productivo, le aseguro que es maravilloso. Ni siquiera mi excelente amigo Calmann Lévy había conseguido hacerme escribir un solo libro desde hace seis años.

Tiene Vd. muy buen carácter y es Vd. fácil para vivir. No me reprocha nunca nada. No es que me vanaglorie de ello. Comprendió Vd. enseguida que no sirvo para mucho, y que más valía no atormentarme. Sin hacerme ilusiones, es la principal causa de la libertad que me deja Vd. en su periódico. Sabe Vd. que soy incorregible y no tiene esperanzas de hacer que me enmiende. No le dijo Vd. acaso un día a uno de nuestros amigos comunes,

--Es un benedictino burlón.

Uno se conoce mal a sí mismo, pero creo que la definición es buena. Me produzco bastante el efecto de un monje filósofo. Pertenezco de corazón a una abadía de Thélème, cuya regla es suave y de fácil obediencia. Quizá no haya allí mucha fe, pero sin duda son muy piadosos.

La indulgencia, la tolerancia, el respeto a sí mismo y a los otros son santos cuya fiesta aún guardamos allí. Si nos inclinamos hacia la duda, hay que tener en cuenta que el pirronismo es inseparable de un profundo apego a la costumbre y a los usos. Pues bien, la costumbre de la mayoría, es propiamente la moral. Nadie como un escéptico para ser moral y buen ciudadano. Un escéptico no se rebela nunca contra las leyes, porque no tiene esperanzas de que puedan hacerse otras buenas. Sabe que hay mucho que perdonarle a la República. ¿Quiere Vd., sin embargo, un consejo? No encomiende jamás el boletín político de Le Temps a uno de nuestros telemitas. Difundiría por él una melancolía suave que desanimaría a vuestros honrados lectores. Con filosofía no se apoyan los ministerios. En cuanto a mí, practico una modestia que me sienta bien, y me limito a la crítica.

Tal como la entiendo y me la deja practicar Vd., la crítica es, como la filosofía y la historia, una especie de novela para uso de los espíritus agudos y curiosos, y toda novela, correctamente entendida, es una autobiografía. El buen crítico es el que relata las aventuras de su alma entre las obras maestras.

No hay crítica objetiva, de la misma manera que no hay arte objetivo, y todos los que se precian de poner en su obra otra cosa que ellos mismos, son víctimas de la ilusión más falaz. La verdad es que uno no sale nunca de sí mismo. Es una de nuestras mayores desgracias. Qué no daríamos por ver durante un minuto el cielo y la tierra con el ojo compuesto de una mosca, o para comprender la naturaleza con el cerebro rudo y simple de un orangután? Pero eso lo tenemos completamente prohibido. No podemos, como hizo Tiresias, ser hombre y acordarnos de haber sido mujer. Estamos encerrados en nuestra persona como en un prisión perpetua. Lo mejor que podemos hacer, me parece, es reconocer con elegancia esta situación espantosa, y confesar que hablamos de nosotros mismos cada vez que no tenemos la fuerza de callarnos.

Para ser franco, el crítico debería decir:
–Señores, voy a hablar de mí mismo a propósito de Shakespeare, a propósito de Racine, o de Pascal, o de Goethe. Son una bonita ocasión para hacerlo.

Tuve el honor de conocer al Sr. Cuvillier-Fleury, que era un viejo crítico muy convencido. Un día en que lo fui a ver a su casita de la avenida Raphaël, me mostró la modesta biblioteca de la que se sentía orgulloso:

–Señor, me dijo; la elocuencia, bellas letras, filosofía, historia, todos los géneros están representados en ella, sin contar la crítica, que comprende a todos los demás géneros. Sí, señor: el crítico es sucesivamente orador, filósofo, historiador.


Tenía razón el Sr. Cuvillier-Fleury. El crítico es todo eso, o al menos puede serlo. Tiene la ocasión de mostrar las más raras facultades intelectuales, las más diversas, las más variadas. Y cuando es un Sainte-Beuve, un Taine, un J.-J. Weiss, un Jules Lemaîre, un Ferdinand Brunetière, no deja de hacerlo. Sin salir de sí mismo, escribe la historia intelectual del hombre. La crítica es la última en aparecer de todas las formas literarias: quizá termine por absorberlas a todas. Le conviene de forma admirable a una sociedad muy civilizada cuyos recuerdos son ricos y cuyas tradiciones son ya largas. Es particularmente apropiada para una humanidad curiosa, erudita y refinada. Para prosperar, requiere de más cultura que todas las otras formas literarias. Tuvo por creadores a Montaigne, Saint-Évremond, Bayle y Montesquieu. Procede a la vez de la filosofía y de la historia. Requirió, para desarrollarse, de una época de absoluta libertad intelectual. Reemplaza a la teología, y si se busca al Doctor universsal, al Santo Tomás de Aquino del siglo XIX, no es en Sainte-Beuve en quien debemos pensar?

Era un santo de la crítica, yo venero su memoria. Pero, por hablarle con franqueza, querido Sr. Hébrard, creo que es más sabio plantar coles que hacer libros.

Hay almas librescas para las que el universo no es más que tinta y papel. Quien ve su cuerpo apaciguado animado por un alma así, se pasa la vida ante su mesa de trabajo, sin preocuparse por las realidades cuya representación gráfica estudia obstinadamente. No sabe de la belleza de las mujeres más que lo que se escribe de ella. No conoce de los trabajos, los sufrimientos y las esperanzas de los hombres más que lo que puede coserse con nervios y encuadernarse en marroquín. Es monstruoso e inocente. Nunca ha asomado la nariz por la ventana. Así era aquel buen tipo Peignot, que recogía las opiniones de los autores para hacer libros con ellas. Nada le había turbado jamás. Concebía las pasiones como temas de monografías curiosas y sabía que las naciones perecen en un cierto número de páginas in-octavo. Hasta el día de su muerte, trabajó con ardor constante, sin entender nunca nada. Por eso el trabajo no le resultó en absoluto amargo. Hay que envidiarlo, si es que la paz de espíritu sólo puede alcanzarse a ese precio.

Bendigamos los libros, si la vida puede fluir entre ellos en una infancia larga y feliz! Gustave Doré, que imprimía a veces a sus dibujos más cómicos un cierto sentimiento de fantasía profunda y de extraña poesía, proporcionó un día, quizá sin saberlo, el emblema irónico y conmovedor de estas existencias a las que el culto de los libros consuela de todas las realidades dolorosas. En el monje Nestor, que escribió una crónica en tiempos bárbaros y revueltos, simbolizó a toda la raza de los bibliómanos y los bibliógrafos. Su dibujo no es mayor que la palma de la mano, pero quien lo ha visto una vez ya no puede olvidarlo. Lo encontrará Vd. en una serie de caricaturas que publicó cuando la guerra de Crimea, bajo este título: La santa Rusia, y que no es, he de reconocerlo, la inspiración más feliz de su talento y de su patriotismo.

Hay que ver a este Nestor. Está en su celda con sus libros y papeles. Sentado como un hombre que gusta de estar sentado, con la cabeza hundida en su capuchón, y la nariz en la mesa, escribe. Todo el país a su alrededor está entregado a la masacre y al incendio. Las flechas oscurecen el aire. El convento mismo de Nestor es tan furiosamente asaltado que se derrumban trozos de paredes por todas partes. El buen monje escribe. Su celda, milagrosamente intacta, permanece enganchada en un aguilón, como una jaula en una ventana. Se agolpan arqueros sobre lo que queda de los techos, andan como moscas por las paredes y caen como granizo sobre el suielo erizado de lanzas y espadas. Se pelean hasta en su chimenea; él escribe. Una conmoción terrible vuelca su tintero; sigue escribiendo. ¡Eso es vivir en los libracos! ¡Tal es el poder de los papelajos!

Las bibliotecas de hoy todavía acogen a algunos sabios semejantes al monje Nestor. Vienen a ellas a cumplir el trabajo de paciencia que llena su vida y que colma su alma: no se pierden una sesión, ni siquiera en los días de agitaciones y de revolución.

Son felices. Dejémolos. Pero conozco a varios que tienen un humor harto diferente. Estos buscan en los libros todo tipo de hermosos secretos sobre los hombres y las cosas. Siempre buscan y su espíritu jamás permanece quieto. Si los libros traen la paz a los pacíficos, turban a las almas inquietas. Estas cometen un error al sumergirse en un exceso de lecturas. Vea, por ejemplo, lo que le sucedió a Don Quijote por haber devorado los cuatro volúmenes de Amadís de Gaula y otra docena de bonitas novelas. Habiendo leído los encantadores relatos, creyó en los encantamientos. Creyó que la vida era tan bonita como los cuentos, e hizo mil locuras que en absoluto habría hecho si no hubiese tenido espíritu lector.

Un libro es, según Littré, el ensamblaje de varios cuadernos de páginas manuscritas o impresas. Esta definición no me contenta. Yo definiría el libro como una obra de hechicería de la cual escapan todo tipo de imágenes que turban los espíritus y cambian los corazones. O mejor aún: el libro es un aparatito mágico que nos transporta al meollo escenas del pasado, o entre sombras sobrenaturales. Quienes leen muchos libros son como los comedores de hachís. Viven en un sueño. El veneno sutil que penetra en su cerebro los vuelve insensibles al mundo real y los hace víctimas de fantasmas terribles o encantadores. El libro es el opio de Occidente. Nos devora. Llegará el día en que todos seamos bibliotecarios, y será el fin.

Amemos los libros como la enamorada del poeta amaba su mal. Amémolos: bastante caros nos cuestan. Amémolos: por ellos morimos. Sí, los libros nos matan. Créame, pues yo los adoré, me entregué a ellos sin reserva durante mucho tiemo. Los libros nos matan. Los hombres han vivido largas eras sin leer nada, y es entonces precisamente cuando hicieron las cosas mayores y más útiles, pues en ese tiempo pasaron de la barbarie a la civilización. Para estar sin libros, no es que estuviesen totalmente desprovistos de poesía y de moral; sabían de memoria canciones y pequeños catecismos. En su infancia las viejas les contaban Piel de Asno y El gato con botas, que mucho más tarde se editaron en ediciones para bibliófilos. Los primeros libros fueron gruesas piedras, cubiertas de inscripciones en un estilo administrativo y religioso.

De eso hace mucho tiempo. ¡Qué espantosos progresos hemos llevado a cabo desde entonces! Los libros se multiplicaron manera maravillosa en el siglo XVI y en el XVIII. Hoy se ha multiplicado por cien su producción. Ahora se publican, sólo en París, cincuenta volúmenes al día, sin contar los periódicos. Es una orgía monstruosa. Saldremos locos de ella. El destino del hombre es caer sucesivamente en excesos contrarios. En la Edad Media, la ignorancia daba a luz al miedo. Reinaban entonces enfermedades mentales que ya no conocemos. Ahora, corremos, por vía del estudio, a la parálisis general. ¿No sería más sabio, y más elegante, mantener una justa medida?

Seamos bibliófilos y leamos nuestros libros, pero no los cojamos a manos llenas. Seamos exquisitos: escojamos, y como ese gentilhombre de una de las comedias de Shakespeare, digamos a nuestro librero: "Quiero que estén bien encuadernados y que hablen de amor".

No me hago ilusiones de que este librito tenga nada de amoroso, ni de que merezca una bonita encuadernación. Pero se encontrará en él, lo sabe Vd., estimado señor, una sinceridad perfecta (la mentira requiere un talento del que carezco), mucha indulgencia y cierta amistad natural hacia lo bello y lo bueno.

Por eso me atrevo a ofrecérselo a Vd., como un testimonio, demasiado endeble, de gratitud, de aprecio y de simpatía.

En Tropelías (sic)

Johnson contra Milton: machismo y censura

Mucho es, desde luego, llamar a Samuel Johnson "feminista". Y sin embargo, al comentar la obra de Milton, hace observaciones sobre el patriarcado militante de este autor que no son corrientes en un crítico de su época, anticipándose a cosas que diría la crítica feminista siglos después. Cierto es que a Johnson, defensor de la ley y el orden, y de la Iglesia establecida, le horrorizaba la política de Milton, y eso parece que le hacía más sensible a otros aspectos que veía criticables en su carácter e ideas:

Me temo que el republicanismo de Milton estaba fundado sobre un odio envidioso a la grandeza, y un hosco deseo de independencia; sobre una petulancia impaciente con quienes le controlaban, y un orgullo desdeñoso hacia sus superiores. Odiaba a los monarcas en el Estado, y a los prelados en la Iglesia; pues odiaba a todos a quienes se veía obligado a obedecer. Es de sospechar que su deseo predominante era destruir, más bien que establecer, y que no sentía tanto amor por la libertad como repugnancia hacia la autoridad.

    Se ha observado que quienes con más ruido claman por la libertad, no la conceden de buena gana. Lo que sabemos del carácter de Milton en las relaciones domésticas es que era severo y arbitrario. Su familia estaba compuesta de mujeres; y aparece en sus libros una especie de desprecio turco hacia las hembras, como seres subordinados e inferiores. Para que sus propias hijas no se saliesen de las filas, permitió que se viesen deprimidas con una educación mezquina y tacaña. Pensaba que la mujer estaba hecha únicamente para la obediencia, y el hombre únicamente para la rebelión.


Cuando habla del machismo de las obras de Milton piensa sin duda Johnson ante todo en la subordinación de Eva a Adán que tanto se enfatiza en Paradise Lost. El retrato de Adán tiene allí mucho de autobiográfico... sólo que Milton se consideraba, sin duda, un Adán perfeccionado, que ataba más corto a su mujer.

También disiente Johnson de Milton en cuanto a la libertad de prensa que defendía éste. Una libertad de prensa que en lo legal llegó a Inglaterra en cierta medida a finales del siglo XVII (antes la hubiese querido Milton, que publicó su Areopagitica sin licencia previa). Y en la práctica efectiva, quizá sólo haya llegado la libertad de prensa con los blogs, si eso es prensa.... o quizás siempre esté por llegar. En cualquier caso, Milton se oponía a la censura (con importantes excepciones, sin embargo) y Johnson defiende la necesidad política de la censura y no admite la libertad de prensa:


Por entonces publicó su Areopagitica: Discurso del Sr. John Milton en favor de la Libertad de Prensa sin Licencia. El peligro de semejante libertad sin límites, y el peligro de limitarla, han producido un problema en la ciencia del gobierno que el entendimiento humano parece hasta hoy incapaz de resolver. Si no se puede publicar sino lo que la autoridad política haya aprobado antes, el poder habrá de ser la medida de la verdad; si cada soñador de innovaciones puede propagar sus projectos, no puede haber orden seguro; si cada murmurador contra el gobierno puede difundir el descontento, no puede haber paz; y si cada escéptico en cuestiones de teología puede enseñar sus necedades, no puede haber religión. El remedio contra estos males es castigar a los autores; pues todavía se admite que la sociedad puede castigar, aunque no impedir, la publicación  de opiniones que esa sociedad considere perniciosas. Pero este castigo, aunque aplaste al autor, promociona el libro; y no parece más razonable dejar el derecho de publicación sin restricciones por el hecho de que se pueda después reprender a los autores, de lo que parecería el dormir con las puertas sin cerrojo, por el hecho de que después se pueda ahorcar a los ladrones.

Johnson, me parece, llevaría muy mal lo de los blogs, de autores etéreos y difíciles de castigar. Y Milton también lo llevaría mal, por mucho que dijese defender la libertad de prensa. Y la igualdad de derechos de las mujeres (otro desiderátum...) así así la llevarían de mal uno y otro, tan distintos sin embargo. Tales efectos produce la distancia histórica.

Husband to Mrs Milton 
 

 

Hemingway's Spain

(Martes 6 de febrero de 2007) 

Hoy nos enteramos de que un trabajo de B-Penas sobre Hemingway va a aparecer en un libro que se publicará en Kent State University Press, editado por Carl Eby, y con el título provisional de Hemingway's Spain: New Essays. El título del capítulo es: "A Creative Spiral: from Death in the Afternoon (1932) to The Dangerous Summer (1960)". El capítulo ya existe (lo leyó a la Hemingway Society cuando fuimos al congreso de Ronda), pero el libro no saldrá en uno o dos años. Éste sí que estará full of balls and bells and bulls, que diría Nabokov. Y de Anís del Toro. ("Camarerou—the bill").

Hemingway frívolo


Novelas e-pistolares

Nos pasan por la Narrative-List esta noticia de Associated Press; traduzco:

Novela con mensaje 
 
Helsinki.– El miércoles se publicó en Finlandia una novela en la que toda la narración consiste en mensajes de teléfono móvil.
 
"Los últimos mensajes" cuenta la historia de un ejecutivo finlandés ficticio que dimite de su trabajo y viaja por Europa y la India, manteniéndose en contacto con sus amigos y parientes sólo con mensajes de texto.
 
Sus mensajes, y las respuestas (unos mil en total) figuran en orden cronológico en las 332 páginas de la novela, escrita por el autor finlandés Hannu Luntiala. Los textos están llenos de los errores gramaticales y abreviaciones normalmente usados en estos mensajes.
 
"Creo que a fin de cuentas un mensaje de texto puede revelar mucho más sobre una persona de lo que uno pensaría inicialmente", declaró Luntiala, que también es director de una empresa que mantiene bases de datos sobre habitantes de Finlandia.

Sari Havukainen, portavoz de la editorial finlandesa Tammi, dijo que la casa está planteándose traducir el libro a otros idiomas.

Los mensajes de texto han sido adoptados con entusiasmo por los taciturnos finlandeses, aficionados a todo tipo de gadgets portátiles, como un medio de comunicarse aun en los asuntos más privados.

El primer ministro Matti Vanhanen pasó recientemente por las portadas de la prensa amarilla después de haberse dicho que rompió con su novia con un mensaje de texto.

 
(comento a la lista:)

Y, claro, puede seguir a esto la complicación adicional de recibir una novela escrita en forma de SMS vía SMS. No sé si eso se ha hecho ya, aunque hemos oído hablar de novelas-blog y novelas e-mail (vía correo electrónico, digo, no como Thinks... de David Lodge, que incluye varios capítulos escritos como intercambios de e-mails). Supongo que siempre sería mejor que tener que leerse una novela normal, pongamos Clarissa, vía mensajes de texto.

Lo que no sé es si en las novelas-blog se ha diseñado también, o utilizado de manera artística, la interacción con el público. En los blogs propiamente dichos eso de la respuesta al comentarista y entre comentaristas tiene su arte (en algunos, vamos), pero como composición artística global sería otra cosa.

Nos pasa a continuación Christy Dena esta nota:

For those interested in perhaps referring to email, SMS or blog fictions in
class:

Here is an example of an email novel:

http://www.emailmystery.com/

An example of a type of blog fiction is Pepy’s Diary by Phil Gyford. [Bueno... no es exactamente ficción, si bien se puede decir que es un blog ficticio, diría yo]

"This site is a presentation of the diaries of Samuel Pepys, the renowned
17th century diarist who lived in London, England (read more about him). A
new entry written by Pepys will be published each day over the course of
several years; 1 January 1660 was published on 1 January 2003."

http://www.pepysdiary.com/

There are many types of fictions on blogs. Print novels presented in blog
format, fictions written for the blog format, characters blogging (imaginary
and real life) and so on. I’ve listed some here:

http://del.icio.us/New_Media_Arts/Creative_blogfiction 


Dr Angela Thomas presents a typology of blog fiction here:

http://www.personal.edfac.usyd.edu.au/staff/thomasa/AngelaThomasBlogPaper.html

As for SMS:

Onesixty: The SMS Poetry Magazine
http://www.centrifugalforces.co.uk/onesixty01/pages/main.html

OneSixtyCharacters
"OneSixty Characters – An exhibition exploring children’s nursery
rhymes/songs, games and storytelling from around the globe"

http://www.onesixty.net/

As for SMS novels. They are very big in China. Full-length novels are read
on mobile phones. There are SMS novels all over the world now. Google "SMS
novel" and you’ll find plenty of examples.


Bueno, pues ya vemos... Aunque aún no sabemos si esas novelas están diseñadas específicamente para sacar partido a su medio, o si son intermediales un poquito a su pesar...

Las Vírgenes Vigilantes



La Visión del Templo

El año pasado se publicó por primera vez El Evangelio de Judas, un importante texto gnóstico que llevaba muchos siglos perdido, y sólo se conocía por la mención que de él hizo Ireneo de Lyon, uno de los padres de la Iglesia. Es un texto interesantísimo para los historiadores de las religiones. Y muy molesto, sin duda, para la Iglesia, tanto hoy como en los tiempos del Imperio Romano. Claro que, qué se iba a esperar del Evangelio de Judas (Iscariote)...  nada bueno para el cristianismo.

En la primera escena del Evangelio de Judas, Jesús se ríe de los discípulos cuando los ve rezando y bendiciendo la mesa:

Los discípulos [le] dijeron: "Maestro, ¿por qué te ríes de [nuestra] oración de agradecimiento? Hacemos lo correcto".
    Él respondió diciéndoles: "No me río de vosotros. no hacéis esto por vuestra voluntad, sino porque ésta es la forma en que vuestro dios [debe ser] alabado". Ellos dijeron: "Maestro, tú eres [...] el hijo de nuestro dios". Jesús les respondió: "¿Cómo me conocéis? En verdad, [yo] os digo que ningún descendiente de los que están entre vosotros me conocerá".


En efecto, el dios en el que creen los discípulos, el dios del Antiguo Testamento, es según los gnósticos un impostor, un dios de segunda, imperfecto, que ha creado un mundo imperfecto como él. El Dios de la Iglesia será su continuación, y los "cristianos" a lo largo de la historia no conocerán al verdadero Maestro. Jesús participa de una realidad superior, "otra estirpe grande y santa", una realidad suprema más allá de esta realidad y de su dios. De entre los discípulos, sólo Judas lo adivina:

Judas le dijo: "Sé quién eres y de dónde vienes. Tú perteneces al reino inmortal de Barbelo. Y yo no soy digno de pronunciar el nombre de quien te ha enviado".


En esta teología hay dioses y diosas, principios femeninos y masculinos, alternativos a la teología tan viril del Antiguo y Nuevo Testamento (antes de la llegada de la Virgen María como nueva Diosa Madre). Judas será el único que comprende que Jesús no viene a ofrecerles la teología que esperaban, sino otra más incómoda.

En otra escena, los discípulos ven un Templo con sus sacerdotes haciendo sacrificios infames y pecaminosos mientras se alaban unos a otros, todos invocando el nombre de Jesús. Piden a Jesucristo que les explique esta visión, que les ha dejado preocupados:

Jesús les dijo: "¿Por qué os atribuláis? En verdad os digo que todos los sacerdotes que están frente al altar invocan mi nombre. (...) [Y ellos] han plantado árboles sin fruto en mi nombre, de manera vergonzosa". Jesús les dijo: "Aquellos a quienes habéis visto recibiendo las ofrendas en el altar , ésos sois vosotros. Ése es el dios a quien servís, y vosotros sois esos doce hombres que habéis visto. El ganado que habéis visto que llevaban al sacrificio son todas las personas a las que vosotros descarriasteis frente a aquel altar. [...] resistirá y se servirá de mi nombre de esta manera, y generaciones de gentes piadosas se mantendrán leales a él. Después habrá allí otro hombre que será de [los fornicadores], y otro ha[brá] de los infanticidas, y de los que yacen con otros hombres, y de los que se abstienen, y el resto de las gentes entregadas a la corrupción, la ilegalidad y el error, y aquellos que dicen: 'Somos como ángeles'; ellos son las estrellas que provocan la extinción de todas las cosas. Porque durante generaciones los hombres han dicho: 'Mira, Dios ha recibido vuestro sacrificio de las manos de un sacerdote'; es decir, de un ministro del error. Pero es el Señor, el Señor del Universo, quien gobierna; 'En el último día ellos serán humillados'.".


Es alarmante para los discípulos saber que esta visión de un Establishment religioso corrompido amalgama en uno tanto el Templo de los fariseos como la nueva iglesia que está en sus comienzos y que va a nacer de las predicaciones cristianas, o más bien cristianistas. El Jesús del Evangelio de Judas no funda ninguna iglesia; a la manera de un iluminado revolucionario, enfatiza en su lugar el destino espiritual individual de cada alma, y su relación directa con la divinidad: "Dejad de luchar contra mí", les dice: "Cada uno de vosotros tiene su propia estrella". Recuerdan los editores el paralelismo aquí con la doctrina platónica del Timeo, que parece haber influido mucho a los gnósticos (en combinación con antiguos mitos de creación de Oriente Medio, en los que tienen un papel preponderante los principios femeninos además de los masculinos). La teología de este Evangelio, en suma, poco tiene que ver con la familiar teología cristiana. Muchas almas no son inmortales, hay toda una jerarquía de dioses y no es el mejor el que nos ha tocado; el Infierno brilla por su ausencia, y la Salvación es algo más impersonal y abstracto y menos ligado a una moral pública y una actitud ortodoxa.

Sólo Judas escucha realmente a Jesús, porque ha tenido una visión en la que los doce discípulos lo lapidaban y acosaban. También le pide una explicación:

Jesús respondió y le dijo: "Te convertirás en el decimotercero, y serás maldecido por las otras estirpes, y llegarás a prevalecer sobre ellas. En los últimos días maldecirán tu ascenso a la [estirpe] santa".


Acto seguido, pasa a exponerle "secretos que nadie ha visto", y le narra la historia de la Creación y del origen de los dioses inferiores que han dado lugar a este mundo. También narra el fin de este mundo y sus creencias, y la muerte de todas las almas menos las que, según las creencias gnósticas, están destinadas a ser admitidas a la "gran estirpe" (un cielo más exclusivo, menos democrático por tanto que el de los evangelios canónicos). Judas, como Jesús, es uno de ellos, pues es el único discípulo digno de recibir esta revelación. También es el elegido para entregar a Jesús a la muerte, una muerte que no es sino el cumplimiento de su misión en este mundo. También Judas acepta así cumplir su misión, aunque ésta acarrea necesariamente la infamia, en lugar del aplauso, a los ojos de quienes comprenden imperfectamente. Así le dice Jesús en la penúltima escena:

Mira, ya se te ha dicho todo. Levanta tus ojos y mira la nube y la luz que hay en ella y las estrellas que la rodean. La estrella que marca el camino es tu estrella.


El Evangelio de Judas termina en un tono un tanto offbeat con la escena de la "traición". Los sacerdotes buscan cómo arrestar a Jesús sin despertar la ira del pueblo. Judas les dirá cómo hacerlo.

Se acercaron a Judas y le dijeron: "¿Qué haces aquí? Tú eres un discípulo de Jesús".
    Judas les respondió como ellos querían. Y él recibió algún dinero y les entregó a su maestro.

EL EVANGELIO DE JUDAS 
 

Así termina el texto, con el título, según era costumbre en los códices antiguos (—obsérvese que es el evangelio sobre Judas, no el evangelio escrito por Judas: el narrador o autor permanece anónimo). Este es el Códice Tchacos, encontrado en el desierto egipcio en 1970, vendido de marchante en marchante desde entonces, y reconstruido y editado cuidadosamente en el siglo XXI. Se ha datado hacia el año 220-240, y contiene textos de círculos gnósticos similares a los encontrados en 1945 en Nag Hammadi. Se han encontrado otros evangelios gnósticos, entre los declarados apócrifos y heréticos ya en los tiempos de los Padres de la Iglesia: el Evangelio de Tomás, la Revelación de Santiago, el Evangelio de María Magdalena, etc.

Está claro que el Evangelio de Judas se escribió en el seno de un grupo religioso "alternativo", que contestaba la incipiente oficialización y jerarquización de la Iglesia, su paso de reciente perseguida a futura perseguidora. Tiene algunos elementos en común con los textos escritos en tiempos de reformas y guerras de religión, como los de las sectas de no conformistas frente a la Iglesia de Inglaterra, o los textos de los místicos frente a los funcionarios e inquisidores de la Iglesia Católica. En el acto final de Judas vemos cómo se sitúa la verdadera espiritualidad más allá de todo gesto o acción que vayan a ser capaces de comprender los comisarios políticos eclesiásticos. Fariseos u obispos, todos son lo mismo para el Evangelio de Judas. Como dijo Milton con su soneto "contra los nuevos forzadores de conciencias", "New Presbyter is but Old Priest writ large". El Sacerdote, con su ortodoxia, sus formulismos, su monopolio de lo sobrenatural, y su apego a la Autoridad, es una constante de la historia; también, en consecuencia, lo es el anticlericalismo. Menos extendida está la espiritualidad anticlerical: los gnósticos, como Milton, eran profundamente religiosos y (quizá por eso mismo) profundamente anticlericales.

Fariseos, obispos, sacerdotes y presbíteros, a la vez que desautoricen y prohíban el evangelio de Judas, escucharán sin duda el relato de la Visión del Templo como los Apóstoles: con una irritación mezclada de inquietud.


Very Gnostic Matrix







Benefit of Hindsight

Quien ríe el último ríe mejor. El último tiene topsight:  está en la atalaya retrospectiva, desde la que se aprecia un amplio panorama. Quien goza de topsight (dominio de la situación) en el campo de batalla también puede hacer gala de foresight: con mayor información somos amos del tiempo, no sólo del presente sino del futuro. Y del pasado: el benefit of hindsight, la ventaja de llegar tras la batalla o la catástrofe, nos vuelve a todos más inteligentes que esos pobres seres atrapados en un pasado sin topsight,un pasado cuyo futuro no conocían. Después de la batalla, todos generales. Una vez visto, todos listos. A toro pasado, como se dice a veces. Es el síndrome del "Es que lo sabía, lo sabía". Oteando desde la atalaya retrospectiva, conocemos no sólo el pasado: conocemos el futuro del pasado (el único futuro que podemos conocer con certeza). Conocemos también muchos rincones del presente que se ocultaban a los actores. Somos, pues, los amos del tiempo, a la espera de otro que reirá el penúltimo a costa nuestra.

Benefit of hindsight  es lo contrario de hindsight bias. Ventajas de la retrospección, lo contrario de la distorsión retrospectiva (—aunque los contrarios se tocan, veremos...). El benefit of hindsight es evidente, y está tan instalado en nuestros hábitos y actitudes hacia el tiempo, que resulta desconcertante y contraintuitivo montarle una crítica. (Es lo que hacen Gary Saul Morson en Narrative and Freedom y Michael André Bernstein en Foregone Conclusions). Son dos contra muchos: por naturaleza no somos muy críticos con la distorsión retrospectiva, sino que nos apuntamos alegremente a ella, es tanto lo que se gana. El tiempo transcurrido entre un acontecimiento y su observación histórica no es muerto ni neutro, dice Ricoeur: es productivo. Queramos o no, vemos cosas que los contemporáneos no podían ver. Así, hindsight es una palabra que se acuñó pronto (el español aún no la ha acuñado, sin embargo: "ver el pasado con perspectiva" tiene menos precisión). En cambio, hindsight bias ha tenido que esperar mucho tiempo a hacer su aparición entre los conceptos disponibles, pues nos cuesta renunciar a este privilegio del que ríe (o llora) el último.

¿Hay en realidad una diferencia entre hindsight bias y benefit of hindsight? Sí la hay, pero hay que tener en cuenta que un fenómeno crece en relación directa con el otro. Eso complica un tanto sus relaciones. La distancia histórica produce tanta ceguera como comprensión, blindness and insight. Por parafrasear a Paul de Man: blindness and hindsight. Nada diferente, en realidad a nuestro conocimiento parcial y tendencioso del presente. Nuestras acciones presentes sobre la base de una interpretación imperfecta de la situación global son una especie de blindsight, visión ciega, que sólo un analista con más perspectiva podrá explicar adecuadamente. 

Leía hace poco El surgimiento de la crítica histórica de Oscar Wilde (The Rise of Historical Criticism, de hacia 1879), un ensayo que contiene entre otras cosas toda una teoría historiográfica de la retrospección, y del benefit of hindsight. Wilde examina a los historiadores clásicos desde una cómoda atalaya clasicista-moderna.

Bienaventurados sean los que nacen tarde, porque ellos verán el final de la historia. Y comprenderán mejor, de ese modo, el principio. En el ensayo de Wilde el papel del hombre que llegó tarde le corresponde a Polibio. La teoría crítica de la sociedad y su desarrollo surge en la Antigüedad, separándose de mitos y tradiciones. Se desarrolla lentamente en Heródoto, en Tucídides, en Platón, encuentra su fase avanzada en Aristóteles (—Wilde aristotélico, ojo. El personaje no deja de darnos sorpresas). En Aristóteles observa Wilde como un gran avance su reconocimiento de la capacidad de progreso, y de la tendencia humana hacia una vida superior. (Observemos que según El crítico como artista la vida superior humanamente alcanzable, la vida contemplativa similar a la de los dioses, es la vida del crítico inteligente).

Pero es Polibio quien lleva a su perfección la teoría y práctica de la historia como conocimiento de los seres humanos e interpretación racional de sus acciones.

"A imitación de [Platón y Aristóteles] Polibio ofrece una explicación del origen de la sociedad al comienzo de su filosofía de la historia. Un tanto al modo de Platón, imagina que después de uno de los diluvios cíclicos que barren la humanidad a intervalos determinados y que destruyen toda la civilización preexistente, los pocos supervivientes de la humanidad se reúnen para su mutua protección, y como sucede con los animales ordinarios, el más notable por su fuerza física es elegido rey. En breve tiempo, debido al efecto de la simpatía y el deseo de aprobación, las cualidades morales comienzan a aparecer, y es la excelencia intelectual en lugar de la corporal lo que se vuelve requisito para la soberanía.
    Otros puntos, como la aparición de la ley y similares, se tratan con un cierto espíritu moderno, y aunque al parecer Polibio no utilizó el método inductivo de investigación sobre este particular, o más bien, debería decir, el orden jerárquico del progreso racional de las ideas en la vida, no está muy alejado de los resultados que nos han dejado las laboriosas investigaciones de los viajeros modernos."


Wilde se refiere aquí a la concepción evolutiva o, podríamos incluso decir, emergentista, del progreso social. Una concepción que antes de llegar a William James o a George Herbert Mead tuvo sus antecesores en los nombres citados por Wilde (¡y en Wilde mismo!). El siglo XIX fue muy evolucionista. Pero yendo más atrás de Spencer, a la primera mitad del XVIII, hay que nombrar a Giambattista Vico, cuya Ciencia nueva se plantea precisamente como una teoría de la evolución gradual, necesaria y por pasos obligados, first things first, de los fenómenos culturales. De instituciones (la familia antes que el Estado), del lenguaje (la metáfora antes que el sentido literal), de la tradición (la poesía antes que la filosofía), etc. Y de las leyes y sistemas políticos muy especialmente, porque Vico era jurista. Bien, pues según Wilde, este tipo de teoría evolucionista ya está bien prefigurada en los clásicos, y especialmente, en su forma elaborada, en Polibio.

Vico, por cierto, también era clasicista, y sin duda derivó muchas de sus nociones de los clásicos, en particular tratando de refutar a los cartesianos apriorísticos, chomskianos de su propio siglo. En busca de argumentos y ejemplos acudió constantemente a la historia y oratoria clásica. Pero no era Vico un clasicista de los que dicen que "ya lo dijeron todo los griegos" (a la manera de López Eire). Antes bien, su teoría del desarrollo cultural le impide a Vico tener a los clásicos una devoción incondicional. Los clásicos vinieron de una larga tradición anterior, sí, pero nosotros venimos después. Y existe el peligro, para Vico, de proyectar sobre ellos nuestro propio desarrollo cultural, de creer que cuando tratan un tema lo hacen con todo el conocimiento que sólo sería posible gracias a ellos y a sus sucesores. Hay pues un hindsight bias inherente al trabajo del filólogo y del historiador: Vico lo llama la presunción de los académicos (cuando con la misma razón lo podía llamar la humildad de los académicos...).

Mais revenons à nos moutons. Wilde menciona a Vico, pero no le da más importancia relativa que a Montesquieu sobre esta cuestión. Existe, claro, el peligro de que por presunción de académico proyectemos sobre Vico (o sobre Polibio...) toda una teoría del hindsight bias que habría de esperar para desarrollarse a las críticas a la teoría Whig de la historia, o a Morson y Bernstein. Wilde coloca más bien el acento, en todas estas cuestiones, en una teoría de la Ilustración, del desarrollo gradual de un análisis racional en y del pensamiento humano. Así, compara el paso de Heródoto a Polibio con las fases del desarrollo cultural según los positivistas:

"Quizá podamos decir que con [Tucídides] la filosofía de la historia está en parte en su estadio metafísico, y ver, en el progreso de esta idea de Heródoto a Polibio, la ejemplificación de la ley comteana de los tres estadios del pensamiento, el teológico, el metafísico y el científico; porque ciertamente esta concepción que llamamos Filosofía de la Historia se elevó partiendo de las vaguedades del misticismo teológico hasta convertirse en un principio científico, según el cual el pasado se explicaba y el futuro se predecía con referencia a leyes generales"


Polibio, decíamos, llega tarde para ser original  pero su posición privilegiada en esta secuencia de desarrollo conceptual está asegurada gracias a esa belatedness que diría Harold Bloom:

"¿Cuál es, entonces, la posición de Polibio? ¿Queda algún método nuevo para él? Polibio fue uno de esos muchos hombres que han nacido demasiado tarde para ser originales. A Tucídides le pertenece el honor de ser el primero en la historia del pensamiento griego en discernir la calma suprema de la ley y el orden subyacentes a las caprichosas tormentas de la vida, y tanto Platón como Aristóteles representan cada uno un gran principio nuevo. A Polibio le corresponde el oficio—cuán noble volvió ese oficio lo muestran sus escritos—de hacer más explícitas las ideas que estaban implícitas en sus predecesores, de mostrar que tenían una aplicabilidad más general y quizá un sentido más profundo de lo que antes había parecido; de examinar con más detenimiento las leyes que ellos habían descubierto, y, finalmente, de señalar de modo más claro que ninguno antes el alcance de la ciencia y los medios que ofrecía para analizar el presente y predecir el porvenir. Su oficio, por tanto, fue reunir lo que ellos habían dejado, dar a sus principios nueva vida mediante una aplicación más amplia".


Este, Sr. Wilde, es un pedazo de párrafo—¿lo habrá comentado Ricoeur? Contiene toda una narratología de la historia; no sé si contiene el concepto de ansiedad de la influencia de Bloom asimismo, aplicado a las tareas que quedan por hacer en historia en lugar de a la originalidad poética. Pero sí contiene al menos una visión lúcida del papel de la relectura, de la retrospectividad, y de los privilegios de estar subido a hombros de gigantes. Desde ahí se ve más de lo que veían los gigantes (se ve lo que estos tienen detrás de los ojos, por ejemplo). Gracias a la ayuda del tiempo, emergen de modo casi espontáneo (casi—no subestimemos al latecomer) las nuevas perspectivas y relaciones entre las teorías del pasado, como surgen a la visión del historiador las consecuencias inesperadas de las acciones de las gentes del pasado. (Viene a ser todo lo mismo, teorías y acciones). —Sobre el tema de interés indudable para una teoría de la retrospectividad y la historiografía que aquí apunta Wilde, eso de "hacer explícitas las ideas implícitas" y mostrar que tienen una aplicabilidad más amplia, escribí aquel artículo sobre la espiral hermenéutica).

Así pues, surge en Oscar Wilde una teoría emergentista de la historiografía. Es un emergentismo que requiere una amplia perspectiva observacional y metodológica, y geográfica, además de temporal. Lo nuevo sólo puede surgir como resultado de la interacción de muchos elementos previamente inconexos, o aparentemente inconexos (—only connect).

Respecto de la amplitud de perspectiva observacional y metodológica: Polibio basa sus teorías políticas en el mundo de los hechos, no en especulaciones idealistas ni en el estudio de leyes anteriormente existentes. El interaccionismo simbólico ha enfatizado la importancia de enfocar el estudio de los fenómenos humanos sobre la base de un estudio de la situación global, y no de aspectos preseleccionados por un método. Habría aquí, pues, una cierta afinidad.

Respecto de la amplia perspectiva geográfica, Polibio es el historiador de la expansión de Roma: con un poco de hindsight bias, podríamos llamarlo el primer historiador de la globalización. Según Wilde,

"nos dice que, antes de sus días, los acontecimientos del mundo eran inconexos y separados, y las historias estaban confinadas a los límites de países concretos. Ahora, por primera vez, el imperio universal de los romanos hacía posible una historia universal" 


Léase esto, claro, cum grano salis.

Es Polibio moderno en tanto que historiador ilustrado, racionalista, que intenta elevar su disciplina a un nivel superior desechando historias de milagros, apariciones sobrenaturales, etc. Es un desmitologizador:

"'Nada', nos dice, 'revela tanto un espíritu necio como el intento de explicar cualquier fenómeno por el principio de la casualidad o de la intervención sobrenatural. La historia es una búsqueda de causas racionales, y no hay nada en el mundo—ni siquiera los fenómenos que nos parecen más improbables y alejados de leyes—que no sea el resultado lógico e inevitable de ciertos antecedentes racionales".


Está claro que Polibio no iba a admitir apriorismos doctrinales en su búsqueda de una ciencia histórica racional. En otros muchos aspectos es moderno Polibio. Narratológicamente hablando, rechaza el uso del estilo directo en historia para reproducir supuestas palabras y discursos de los personajes históricos. Sus antecesores (y sucesores) introducirán estos discursos no en tanto que documentos auténticos sino en tanto que acercamientos interpretativos a la verdad del personaje. Pero Polibio rechaza estos métodos abiertamente ficcionalizantes, y en esto es un adelantado a su tiempo, nos dice Wilde.

Wilde aboga por enfrentarse a la complejidad de la historia, evitando simplificaciones, y por preservar en los escritos históricos esa complejidad, evitando simplificaciones (Aquí critica el dicho de D'Alembert según el cual los historiadores tendrían que hacer una limpia cada siglo y quedarse sólo con los acontecimientos principales). La complejidad y multiplicidad permite una relectura fructífera, y el surgimiento de nuevas interpretaciones, con una mejor comprensión del pasado que pareció inconexo y caótico en su momento:

"Además, como señaló Gibbon, 'un Montesquieu detectará en el acontecimiento más insignificante relaciones que el vulgo pasa por alto'."


Aquí nos hace pensar Wilde (avant la lettre, claro) en la crítica de Feyerabend contra el apriorismo metodológico. Wilde, claro, no podía sino estar contra el método en última instancia. Un método preestablecido selecciona sólo cierto tipo de causas; así lanza Wilde una pulla contra la economía política tan en boga en su tiempo (¡y en el nuestro!) por su autorrestricción deliberada a un determinado tipo de causas y explicaciones. También es cierto que ve Wilde un apriorismo en la restricción de enfoque que hacen Tucídides y Polibio, centrando sus historias sólo sobre determinado tipo de causas o procesos históricos (en el caso de Polibio, muy consciente y deliberadamente). Pero en este caso defiende Wilde esta opción como un desarrollo necesario del valor cognoscitivo de las teorías, y del razonamiento abstractivo en la historia.

El conocimiento histórico detallado requiere una cierta proximidad. Así Polibio está contra el exceso de retrospección. Para él es crucial la cercanía del historiador a los acontecimientos. Aquí parece enmendar la plana a Ricoeur o Mink, cuando enfatizan la necesidad de una perspectiva temporal. Para Polibio, un exceso de perspectiva retrospectiva produce pérdidas de visión. Así lo explica Wilde:

"El historiador ideal debe ser contemporáneo a los acontecimientos que describe, o estar separado de ellos por una generación tan sólo. De ser posible, ha de ser testigo ocular de lo que escribe; cuando eso no puede ser, ha de someter cuidadosamente a prueba todas las tradiciones y relatos, y no estar dispuesto a aceptar lo que es plausible en lugar de lo que es verdadero".


Podríamos decir, en realidad, que el hindsight bias va creciendo en relación directa con el benefit of hindsight, según hemos apuntado antes. No hay una perspectiva correcta única desde la cual escribir historia. Hay historias para los contemporáneos y sucesores recientes, y hay historias para la remota posteridad. Quizá el historiador con vocación política esté más interesado en la primera, en la historia reciente y contemporánea. En cuanto a las reflexiones de Wilde, creo que valen tanto para sus contemporáneos como para la posteridad.

El espíritu crítico y racional que Wilde ve desarrollarse en Grecia no continúa su crecimiento en Roma, y con ello llega a su fin su ensayo sobre El surgimiento de la crítica histórica. Quizá fue por falta de oposición estimulante: la religión romana es puramente formulista, funcionarial, no despierta pasiones ni creencias. Por otra parte, es también ritual y formularia la filosofía romana, sin la dimensión de exploración y rebeldía contra las creencias tradicionales que  tenía la griega:

"En la historia del pensamiento romano en ninguna parte encontramos ninguna de esas características de la Iluminación griega que según he señalado son fenómenos necesariamente concomitantes del surgimiento de la crítica histórica. El respeto conservador hacia la tradición que hacía deleitarse a los romanos en los ritos y formulismos legales, tan evidente en su política como en su religión, fue fatal para que pudiese darse la aparición de ese espíritu de rebeldía ante la autoridad, cuya importancia ya hemos visto, como factor de progreso intelectual."


El origen de la historia romana está en los anales funcionariales del Colegio de Pontífices. Este

"poseía desde el principio una colección extraordinarimente voluminosa de los materiales de la historia, que, sin embargo, produjo únicamente anticuarios, no historiadores. Es tan difícil usar los hechos, tan fácil acumularlos."


Aprecia Wilde a Salustio como (el único) historiador crítico y racionalista de Roma. Cicerón es demasiado patriota y tradicionalista para ser crítico, y Livio un escritor más interesado en los espisodios pintorescos que en el pensamiento racional. Y en Tácito "la imaginación ha ocupado el lugar de la historia"; es un escritor vívido y con capacidad psicológica, pero no un crítico racionalista. Es pues con el espíritu crítico griego con el que conecta la modernidad a través de los siglos, y es al primer nacimiento del espíritu crítico al que rinde homenaje Oscar Wilde en este ensayo. Con la amplia perspectiva que le da el paso del tiempo, y con una inteligencia casi aterradora en un estudiante.

Cognición retrospectiva, intertextualidad e interpretación


Very Gnostic Matrix

Estoy leyéndome El Evangelio de Judas (National Geographic / RBA, 2006), y los comentarios de sus editores situándolo en el contexto de las religiones gnósticas de principios de la era cristiana. El Platonismo y Neoplatonismo también son ingredientes que fueron a la olla del gnosticismo, claro. Bien, pues queda casi validada la especulación de Borges (basada supongo en Ireneo) sobre la figura de Judas, en "Tres versiones de Judas". Judas es, si no el auténtico Cristo, sí un discípulo superior a los demás, y que al traicionar a Jesús ayuda a cumplir el plan de la Salvación. Cito del ensayo de Bart D. Ehrmann:

El cristianismo tradicional enseña, por supuesto, que nuestro mundo es la maravillosa creación del único dios verdadero. Pero no era eso lo que pensaban los gnósticos. Según un amplio abanico de grupos gnósticos, el dios que creó este mundo no es el único, y de hecho ni siquiera es el más poderoso ni es omnisciente. Es una deidad baja, inferior, y a menudo ignorante. ¿Cómo puede alguien mirar este mundo y decir que es maravilloso? Los gnósticos veían los desastres que los rodeaban —terremotos, tempestades, riadas, hambrunas, sequías, epidemias, miseria, sufrimiento— y declararon que el mundo no es bueno. Pero, dijeron, ¡no puedes culpar de este mundo a Dios! No; este mundo es un desastre cósmico, y sólo habrá salvación para aquellos que aprendan cómo escapar de este mundo y de sus trampas materiales. (82)


De ahí la religión del conocimiento secreto, de la elevación a un nivel espiritual superior, para conocer la auténtica verdad y su origen, las formas espirituales de las cuales sólo conocemos copias degradadas (los eones, parientes cercanos de las Ideas platónicas—recuérdese el famoso mito de la caverna). La hipótesis de un mundo creado por un dios menor aparece en diversas teologías. Podemos relacionar con ella la hipótesis cartesiana del genio maligno– no la descartes. Especula con la idea de una creación inferior Hume, y es una de las fases por las que pasa la realidad en la epopeya cósmica global narrada en el libro de Olaf Stapledon Star Maker. Según los gnósticos, a nuestro mundo imperfecto, obra de dioses menores e incompetentes, sólo llegan ecos y chispas de la realidad espiritual superior que es el auténtico núcleo del ser:

Esas divinidades menores crearon nuestro mundo material, hicieron el mundo como lugar donde retener las chispas de divinidad que habían capturado, a las que colocaron en cuerpos humanos. Algunos humanos, en otras palabras, tienen un elemento de la divinidad en su interior, en su núcleo esencial. Esas personas no tienen almas mortales, sino inmortales, encerradas temporalmente en este miserable y caprichoso reino material. Y esas almas necesitan escapar, volver al reino divino de donde vinieron. (82-83).


Bien, pues haciendo una búsqueda de Google inglesa (Matrix Gnosticism) se pueden encontrar diversos ensayos que relacionan la película con los temas principales del gnosticismo: Matrix es una parábola gnóstica que utiliza la metáfora de la robotización del mundo, de la virtualización postmoderna de la realidad, y de la inmersión en la interfaz digital, para transmitir actitudes e ideas que tienen muchos puntos de contacto con el gnosticismo. Yo diría que, más allá de los paralelismos más obvios, no se pueden superponer dos contextos culturales tan distintos a no ser por un punto de contacto que bien puede ser el nexo de unión más fuerte: el espíritu de secta. Una estructura de pensamiento sectario (y gnóstico en este sentido) se puede desarrollar en múltiples circunstancias históricas, pero parece invitar a eso el choque de culturas, la superposición caótica de ideologías (caótica en el sentido de que crea un caos en muchas mentes), la crisis de las certidumbres tradicionales, que lleva a la búsqueda de nuevas certidumbres, el amparo de pequeñas sectas de autoayuda o protección mutua, el sentido contracultural de oposición a una cultura dominante (el Imperio, la Iglesia, el Sistema). Son religiones para grupitos de iluminados, custodios de una Verdad minoritaria y que rechaza la evidencia pública, sectas que tienen una relación sociopática hacia la estructura social e ideológica oficial. Es un poco lo que podíamos llamar pensamiento terrorista/iluminado (Neo y sus amigos son evidentemente terroristas desde el punto de vista de las máquinas; para nosotros, que compartimos su punto de vista, son los buenos). 

Por supuesto, aunque existe un interesante punto de contacto entre iluminación sectaria y terrorismo, no todos los iluminados son terroristas, ni vice versa.  Como ejemplo de un iluminado cristiano sectario (pero no terrorista) que desarrolla espontáneamente varios elementos en común con el gnosticismo y con Matrix, en un tercer momento histórico que nada tiene que ver con uno ni con otro, me llama la atención Jones Very, el poeta transcendentalista norteamericano. Very constituyó en última instancia una secta de un solo hombre, al creerse la reencarnación del Mesías. Aquí está su poema The Prison. Nos remite, quizá deliberadamente, a la Caverna platónica; sin saberlo, también señala a la pesadilla claustrofóbica de Matrix, donde todos viven alegremente una vida real que es sólo una pantalla engañosa, una ilusión proyectada a su cerebro. La verdad de los demás es un engaño colectivo. Very y The Matrix le hablan directamente al gnóstico iluminado o al terrorista intelectual que en mayor o menor medida todos llevamos dentro:

The Prison

The prison-house is full; there is no cell
But hath its prisoner laden with his chains;
And yet they live as though their life was well,
Nor of its burdening sin the soul complains;
Thou dost not see where thou hast lived so long,—
The place is called the skull where thou dost tread.
Why laught’st thou, then, why sing the sportive song,
As if thou livest, and know’st not thou art dead.
Yes, thou art dead, the morn breaks o’er thee now,—
Where is thy Father, He who gave thee birth?
Thou are a severed limb, a barren bough,
Thou sleepest in deep caverns in the earth.
Awake! Thou hast a glorious race to run;
Put on thy strength, thou hast not yet begun.



La prisión

La cárcel está llena: ni una sola celda
Sin su preso cargado de cadenas;
Pero viven como si su vida fuese buena,
Y no lamenta el alma su carga de pecado.
No ves dónde has habitado tanto tiempo:
Se llama cráneo el suelo donde pisas.
Por qué te ríes, pues, por qué cantar alegre,
Como si vivieras, y no sabes que estás muerto.
Si, estás muerto, para tí rompe ahora la mañana,
¿Dónde está tu Padre, que te dió la vida?
Un miembro cortado eres, una rama seca;
Duermes en cavernas profundas de la tierra.
¡Despierta! Has de correr una gran carrera:
Ten listas tus fuerzas, pues pronto comienzas.



  Epígrafe al Libro del Mundo 

Antonio Ramos, LOS SATRAPAS DE OCCIDENTE

Lectura de una lectura... Leo en Vox Poetica un interesante artículo de Stéphane Michonneau, "Un récit contemporain. À propos d'un roman de témoignage de la répression franquiste". Allí da cuenta de una novela inédita, al parecer titulada Los Sátrapas de Occidente, y supuestamente terminada en Gerona hacia 1957-58 por un represaliado del régimen franquista, Andreu Martí. Parece ser bastante biográfica, siguiendo la vida de este supuesto autor. Supuesto, porque de hecho fue escrita, según dice Michonneau, por un exiliado, Antonio Ramos Martín, en Uruguay y no en España.

Andreu Martí, como el protagonista Losada, fue encarcelado en Tarragona a finales de 1939. Fue sometido a consejo de guerra en 1940, condenado a 30 años de cárcel, aunque luego fue trasladado a un campo de trabajo y liberado condicionalmente. Escaparía a Francia (como mi tío Víctor, en circunstancias parecidas) huyendo de la gigantesca prisión en que se había convertido España.

Es especialmente interesante tanto el análisis que hace la novela de la experiencia del tiempo como el re-análisis que del mismo hace Michonneau. La fenomenología de la derrota, que convierte el destino colectivo en individual, la temporalidad de la cárcel, la paralización del tiempo vivida desde dentro y como emblema de una época. "Un manuscrit tissé de non-événements", dice Michonneau. En algunos aspectos me recuerda a otra cosa que leí hace poco, Los girasoles ciegos de Alberto Méndez, éste procedente de la última oleada de "recuperación de la memoria histórica". La novela de Martí/Ramos muestra cómo mucha es irrecuperable: así la escena donde un condenado a muerte pide a un confidente suyo que recuerde la historia de su juicio y su condena, y las haga públicas en el futuro; al día siguiente, ejecutan también al confidente. Y la angustia de los recuerdos de un tiempo más abierto, recuerdos que a la vez permiten vivir y matan.

Losada lucha en el frente de Aragón y pasa por campos de concentración en el País Vasco, por torturas e interrogatorios, por discursos inaguantables que transcribe. Se describe el ambiente de solidaridad entre los prisioneros republicanos: un tanto idealizada, pues entre las causas de la derrota nunca se tiene en cuenta la división entre los propios republicanos. Al parecer esa unidad imaginaria era necesaria para resistir emocionalmente a la vida en prisión. Los recuerdos individuales se someten a una reescritura común: los prisioneros se hacen historiadores.

Y, posterioremente, una vez en "libertad", la incomprensión e incredulidad de sus conocidos, negando la represión, aceptando la historia oficial. Lo que lleva (self-begettingly) a la propia escritura de la novela como ejercicio de testimonio. Según Michonneau, Los Sátrapas de Occidente es el primer relato sobre las prisiones franquistas. Con alguna incoherencia temporal, se comparan éstas a los regímenes y campos de concentración nazis y soviéticos, que no serían conocidos verosímilmente por el protagonista, sino por el autor. Quizá incluso se haya inspirado, especula Michonneau, en relatos ya publicados en francés sobre el exterminio nazi. Para el crítico, la novela es menos fiable como testimonio fiel que como ejemplo de la experiencia del recuerdo de la guerra civil a finales de los años 50. En el exilio, pues en España misma existía bastante rechazo. Es un ejercicio de memoria todavía oralizante: la narración estalla en muchos testimonios parciales, historias oídas, relatos individuales. En este sentido es bastante próxima, me parece, a Miserias de la guerra de Baroja (otra novela "surgida del pasado"). Y es una memoria selectiva: Ramos presenta a sus republicanos incorruptibles, negados en redondo a pactar con el vencedor, mientras que fue su "buena conducta" y su búsqueda de beneficios penitenciarios la que permitió su redención, cosa que no queda bien reflejada en la idealizante y maniquea novela.

Esto lleva a Michonneau a preguntarse cómo leer la novela. La lectura actual se sitúa, como señala Michonneau, en la oleada de recuperación de la memoria histórica y de reivindicación de la herencia republicana. El hecho mismo de que salga este manuscrito a la luz se debe al interés renovado por la guerra civil en este nuevo contexto. Y todo esto forma parte del texto, señala Michonneau—que a la vez enfatiza que el tiempo entre 1950 y 2005 no está vacío ni puede ignorarse, pues ha creado las circunstancias actuales en que leemos este libro. (Por otra parte, señalo que ésta es una historia parecida, en cierto modo, a la de otro libro más "que surgió del pasado", Suite Française de Irène Némirovsky, de reciente éxito).

Parece sentirse molesto Michonneau por esta interpelación indecente que llega desde el pasado, un libro sin mediación histórica, que espera al presente como su liberación. El historiador no puede dejarse llevar por ese sentimiento de responsabilidad... un tanto emocional, digamos. El libro pide que el lector sea el justiciero de la historia; el historiador no puede aceptar sin más esa llamada. Parece pedir Michonneau un poquito de critical criticism. La lectura de este libro hoy, nos dice, pasa por Auschwitz y por el lento desarrollo de la respuesta a Auschwitz, aunque el propio Michonneau desconfía de esta inevitable resituación de Los Sátrapas de Occidente. (Y es que este tipo de novelas surgidas del pasado plantean de manera especialmente aguda la problemática del hindsight bias y sus ambivalencias hermenéuticas).

Lugar de encuentro de tres tiempos, pues: el tiempo carcelario para el protagonista, el de la memoria para el autor, y el del surgimiento a la historia para el lector actual. Resulta una experiencia particularmente vívida de un presente que contiene en sí sus pasados, de un pasado que no ha terminado de pasar todavía. Michonneau recomienda la autoconsciencia narrativa (historiographic metafiction, vamos) como la única manera de transmitir la experiencia vivida. Aunque podría decirse que, por avatares históricos, una novela como Los Sátrapas de Occidente, sobre todo mediada por la historia de su escritura y publicación, se convierte de modo espontáneo en una metaficción historiográfica... como la vida misma de metaficcional, vamos, hasta el extremo de seguir espontáneamente la convención del Manuscrito Encontrado.

Guerra civil: El vaivén de la memoria